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Double scrutin en Guinée, un journaliste atteint

En marge du double scrutin référendaire et législatif du 22 mars 2020, Conakry, la capitale, a été agitée par des tensions entre les opposants au troisième mandat et les forces de défense et de sécurité. La tension était particulièrement palpable dans la haute banlieue.

Mamadou BARRY, chroniqueur de l’émission « Société Débat » sur Familia, se trouvait sur le terrain pour, dit‑il, documenter les faits en tant que journaliste et activiste quand il a été renversé par un véhicule militaire : « J’étais sorti couvrir les votes en ma qualité de journaliste, mais aussi de défenseur des droits humains. On était quasiment à la fin de la journée et, sur le chemin du retour, j’ai décidé de faire une halte à Cosa pour passer quelques appels téléphoniques. Soudain, j’ai entendu un fracas et je me suis retrouvé dans le fossé situé près de la station‑service.

Quelques passants, qui étaient encore dans la rue malgré la tension, se sont massés autour de moi et m’ont extirpé du caniveau. C’est à ce moment‑là que j’ai entendu certaines personnes dire : « Les salauds ont voulu le tuer ». J’ai alors compris que c’était un véhicule militaire qui m’avait renversé et qui ne s’était pas arrêté.

Cette fuite, sans aucune forme d’humanisme ni de compassion, laisse légitimement place à toutes les interprétations possibles, y compris celle d’une tentative de meurtre »

Le journaliste dénonce également la mauvaise qualité de la prise en charge médicale : « J’ai été transporté à l’hôpital par des messieurs à bord d’un véhicule de service portant le logo Enabel. Une fois sur place, à Ignace Deen, je n’ai pas été pris en charge comme tout être humain devrait l’être. Alors que je me tordais de douleur, il a fallu attendre deux heures avant d’être reçu par un médecin.

Ce dernier s’est contenté de toucher mon bassin et a affirmé qu’il s’agissait d’un simple choc, alors que je ressentais une douleur insupportable. Aucune radiographie n’a été effectuée pour confirmer quoi que ce soit» s’indigne le confrère.

À la question de savoir si l’incident a un lien avec son profil de journaliste‑activiste, Mamadou Barry n’exclut pas cette hypothèse, d’autant plus qu’il avait ressenti des signaux avant‑coureurs.

 

Saliou BARRY pour oceanguinee.com

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