Pape François : “Chaque pays appartient aussi à l’étranger”

Banniere CBG

Le pape François a proposé “une façon différente de comprendre les relations et les échanges entre les pays” qui minimise l’idée de citoyenneté dans une nation particulière et met l’accent sur l’humanité commune à tous les peuples.

Dans une nouvelle encyclique intitulée Fratelli Tutti (A tous les frères), le pape affirme que la destination commune des biens de la terre “exige que ce principe soit également appliqué aux nations, à leurs territoires et à leurs ressources”.

Vu sous l’angle non seulement de la légitimité de la propriété privée et des droits de ses citoyens, mais aussi du premier principe de la destination commune des biens”, écrit le pontife, “on peut alors dire que chaque pays appartient aussi à l’étranger, dans la mesure où les biens d’un territoire ne doivent pas être refusés à un indigent venant d’ailleurs”.

“Si chaque être humain possède une dignité inaliénable, si tous les hommes sont mes frères et sœurs, et si le monde appartient vraiment à tous”, écrit-il, “alors peu importe que mon voisin soit né dans mon pays ou ailleurs”.

“Mon propre pays partage également la responsabilité de son développement, bien qu’il puisse s’acquitter de cette responsabilité de diverses manières”, ajoute-t-il. “Il peut accueillir généreusement ceux qui sont dans le besoin urgent, ou travailler à l’amélioration des conditions de vie dans leur pays natal en refusant d’exploiter ces pays ou de les vider de leurs ressources naturelles, en soutenant des systèmes corrompus qui entravent le développement digne de leurs peuples”.

La justice entre les nations, suggère le pontife, nécessite une assistance pour satisfaire le “droit au progrès” des peuples en dehors de son propre pays, et peut-être même l’amnistie de la dette internationale.

“En effet, la justice exige de reconnaître et de respecter non seulement les droits des individus, mais aussi les droits sociaux et les droits des peuples”, écrit Francis. “Cela signifie qu’il faut trouver le moyen de garantir le droit fondamental des peuples à la subsistance et au progrès, un droit qui est parfois sévèrement restreint par la pression créée par la dette extérieure”.

“Dans de nombreux cas, le remboursement de la dette non seulement ne favorise pas le développement, mais le limite et le conditionne gravement”, déclare-t-il. “Tout en respectant le principe selon lequel toute dette légitimement acquise doit être remboursée, la manière dont de nombreux pays pauvres remplissent cette obligation ne devrait pas finir par compromettre leur existence et leur propre croissance”.

“Certes, tout cela appelle une autre façon de penser”, reconnaît le pape. “Sans une tentative d’entrer dans ce mode de pensée, ce que je dis ici semblera follement irréaliste.”

“D’autre part, si nous acceptons le grand principe selon lequel il existe des droits issus de notre dignité humaine inaliénable, nous pouvons relever le défi d’envisager une nouvelle humanité”, propose-t-il. “Nous pouvons aspirer à un monde qui offre des terres, des logements et du travail pour tous.”

Source: Breitbart

Réagir