Bah Oury sur la sortie d’Alpha Condé : ‹‹ tout cela résume de manière brute la position et le tempérament d’Alpha vis-à-vis de son propre peuple ››

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Bah Oury qui se trouve dans le pays de Macky Sall été l’invité de nos confrères Sénégalais de la RTF. L’opposant d’Alpha Condé n’est pas passé par 1000 chemins pour répondre à Alpha Condé qui se dit démocrate sur le plateau d’un média international, France 24.

Selon Bah Oury, lorsque vous avez près de 90 personnes tuées dans des manifestations pacifiques, tout cela résume de manière brute la position d’un chef d’État vis-à-vis de son propre peuple.
‹‹ Lorsqu’un président de la République déclare dans le journal Le Monde comme quoi, ailleurs ils ont tué mais ça ne leur a empêché de faire ce qu’ils ont voulu, en ce qui concerne les changements constitutionnels. En d’autres termes, cela veut dire qu’en Guinée aussi, y aura des tueries mais cela n’empêchera pas de faire ce qu’ils veulent. Tout cela résume de manière brute la position et le tempérament d’Alpha Condé vis-à-vis de son propre peuple. Lorsque vous avez près de 90 personnes entre octobre 2019 et maintenant tuées dans le cadre de manifestations pacifiques pour s’opposer à ce changement anticonstitutionnel, les faits parlent d’eux-mêmes. C’est dommage ! Quelqu’un qui était apparu par le passé comme étant le chantre du panafricanisme, de la lutte pour l’Indépendance, de la lutte anti-impérialiste dans le cadre du mouvement estudiantin, se comporte ainsi, c’est critiquable. Je dois même dire que des intellectuels de renom, je salue la mémoire de feu Babacar Touré qui s’était rendu à Conakry au mois de février dernier pour tenter de dissuader Alpha Condé d’aller dans cette direction et lui dire qu’il est le symbole pour une génération. Et que pour rien au monde, il ne devrait donner une image anti-démocratique à cette génération. Mais malheureusement, il a été dans cette direction au grand dam de beaucoup de personnes de sa génération qui se disent que leur symbole a été éclaboussé par l’attitude du président guinéen ››, a dit l’opposant chez nos confrères sénégalais. 
Concernant le combat que mènent ses pairs, un journaliste parlant d’échec, Bah Oury a rassurer qu’il ne s’agit nullement pas d’un échec mais, pour lui, même après la validation d’Alpha Condé, le combat continue.
‹‹ Non ce n’est pas un échec. Cela veut dire que le combat continue. Depuis l’indépendance, la Guinée est à la quête d’une Alternance démocratique apaisée. Jusqu’à présent, nous ne sommes pas parvenus à l’avoir. Il y a eu un espoir que le président Condé serait celui qui pourrait mettre en œuvre une dynamique d’alternance démocratique apaisée. Malheureusement, il est tombé dans le piège du révisionnisme qui fait qu’il a détricoté les lois de la République pour lui permettre de briguer une troisième candidature. Et tout cela dans un contexte d’utilisation excessive de la violence contre les populations civiles, mais il est tombé dans le piège ››, a-t-il dit.
Pour la fermeture des frontières entre les pays amis et frères, Bah Oury enfonce le clou et indique que cela a toujours été le réflexe des gouvernants.
‹‹ Depuis très longtemps, ça a été le réflexe des gouvernants. Dès qu’il y a un hic entre les deux capitales, la première réaction, c’est la fermeture des frontières. Mais je crois savoir que peu ou prou, les racontars disent qu’ils veulent éviter la circulation des  armes ou la circulation de personnes susceptibles d’être des éléments pouvant troubler l’ordre public. C’est la version officieuse qui circule dans les milieux politique. Mais en réalité, c’est une manière ostentatoire de montrer la défiance du pouvoir de Conakry vis-à-vis des capitales comme Dakar, Bissau et Freetown. Il ne faut pas accorder trop d’importance à cela, c’est vrai que ça impacte les trafics économiques entre les deux pays. Des personnes qui n’ont rien à voir avec ces compétitions électorales en sont victimes. Je pense que la Guinée signataire des traités de la CEDEAO ne devrait pas sur un coup de tête fermer des frontières comme ça sans pour autant respecter des procédures qui devraient être validées par une instance supranationale. Tout cela nécessite de repenser la CEDEAO et de revoir le fonctionnement et la gouvernance de certains États vis-à-vis de la liberté qu’ils s’accordent pour ne pas respecter leurs obligations de coopération… ››, déplore l’opposant.
Abd Akila pour Oceanguinee.com
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