Etats-Unis : entre revers et humiliations, le pénible crépuscule de Donald Trump

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Le président américain achèvera son mandat le 20 janvier. Ses recours en fraude ont été rejetés, il a dû accepter un plan d’aide qu’il refusait de signer. Et le congrès s’apprête à contourner son veto sur le budget militaire. Dur dur…

Donald Trump voit ses alliés d’hier se rebiffer contre lui : lundi, le New York Post, un de ses plus fidèles appuis, titrait «Monsieur le président, arrêtez cette folie». REUTERS/Erin Scott

 

Fin de règne lugubre à la Maison-Blanche. Deux mois après l’élection présidentielle et à quelque trois semaines de la passation de pouvoirs, le 20 janvier, le président Trump reste incapable d’accepter sa défaite… Tous ses recours en justice ont été déboutés et, en dépit de leurs efforts aux quatre coins du pays, ni lui ni ses alliés n’ont jamais pu prouver l’existence de ces « fraudes massives » qui auraient permis à Joe Biden de l’emporter. Echec sur toute la ligne…

Nouvelle humiliation en perspective, pour la première fois de sa présidence, le Congrès devrait contourner son veto (il faut deux tiers des voix) et voter pour la loi sur la défense et le budget militaire : après la chambre des Représentants, en début de semaine, c’est au tour du Sénat de se prononcer d’ici samedi. Un tel revers, plus que probable, serait un camouflet terrible pour Trump. Pour le milliardaire new-yorkais, rien n’est pire que de perdre. Et sa défaite est d’autant plus amère qu’il est un des rares présidents de l’histoire contemporaine à ne pas avoir été reconduit pour un deuxième mandat. Ses prédécesseurs, Bill Clinton, George W. Bush, et surtout Barack Obama, son ennemi n° 1, ont tous rempilé.

La roue tourne mais Trump fait tout pour l’arrêter et il s’en prend même désormais avec virulence à ses alliés traditionnels. Mardi, il dénonçait dans une série de tweets rageurs les « dirigeants pathétiques — sauf moi — bien sûr » de son parti républicain, les accusant d’être « faibles et fatigués » et de choisir « la voie de la résistance minimale ». « La seule chose qu’ils savent faire, c’est perdre » assénait-il.

Même les médias amis le tancent

Cependant, preuve que son influence est en baisse, ses alliés se rebiffent. Lundi, le New York Post, un de ses plus fidèles appuis, titrait « Monsieur le président, arrêtez cette folie », en énormes caractères à la une. Suprême affront, le tabloïd lui demande de « mettre fin à cette triste comédie ». Même son de cloche au Wall Street Journal, autre partisan jusqu’alors indéfectible du milliardaire. Le quotidien économique l’accuse cette fois de « narcissisme » et de torpiller les chances des républicains dans deux élections sénatoriales partielles en Géorgie, le 5 janvier.

L’enjeu y est de taille : si les démocrates remportent les deux élections, ils contrôleront le Sénat et détiendraient tous les leviers du pouvoir, la Maison-Blanche : la Chambre des Représentants et le Sénat… Obsédé par sa défaite, décrit comme morose par son entourage, d’après le New York Times, Trump s’est installé dans sa résidence de Mar A Lago en Floride pour les fêtes de fin d’année. Il joue tous les jours au golf (déjà 308 parcours effectués depuis son entrée en fonction, selon Golf Magazine, record présidentiel absolu !), seul ou avec un champion comme l’Allemand Bernhard Langer.

In leparisien.fr

 

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