Tchad-Financement de l’économie tchadienne : Issa Dougrabe sort le grand jeu

Transmis à OG par Aissata Keita

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(Agence de presse panafricaine) -Mise à mal par des crises sociopolitiques récurrentes assorties de crises sécuritaires permanentes, l’économe tchadienne est désormais exsangue et doit littéralement sa survie aux institutions de Bretton Woods. Or, celles-ci face à la hantise d’un retour imminent à un état de non-droit ont suspendu leurs opérations en faveur de ce pays.

Des décisions de suspension qui font suite à la situation politique qui prévaut actuellement, selon le ministre tchadien de l’Economie. Des discussions sont en cours entre les autorités et ces institutions pour un rapide retour à la normale. Si ces décisions d’institutions financières multilatérales sont passées sous silence, c’est le ministre de l’Economie du Tchad, Issa Doubragne qui les a néanmoins dévoilées en conférence de presse à N’Djamena : «La Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) ont suspendu leurs opérations au Tchad».

Le ministre rassure

«La BAD a juste déclenché les procédures conservatoires. D’autres institutions multilatérales l’ont aussi fait… la Banque mondiale l’a aussi fait. Et depuis près d’une semaine nous sommes en pourparlers avec ces institutions pour évaluer les possibilités d’un retour à la normale», a déclaré le ministre se voulant toutefois rassurant. «Sachez qu’aucun projet et aucun programme n’a été suspendu, a-t-il poursuivi. Tout est en marche. Ce sont [ces suspensions] des principes tout à fait normaux et qui ne remettent pas en cause les engagements des uns et des autres». Depuis la disparition du président Idriss Déby Itno, la situation au Tchad reste peu rassurante. Après la prise du pouvoir par la Comité militaire de transition (CMT) dirigé par le fils du défunt, Mahamat Idriss Déby, la nomination d’un nouveau gouvernement de transition la semaine dernière – plus ou moins bien accueillie- continue de nourrir des incertitudes quant à l’avenir. Ces décisions n’ont pas jusqu’à l’heure fait l’objet d’annonce officielle de la part de la Banque mondiale et de la BAD. ce qui bien évidemment donne un délai de latence supplémentaire au gouvernement tchadien afin de parer au plus pressé et de surtout trouver des ressources indispensables pour faire face à ses obligations.

Inquiétudes latentes des investisseurs

Si les autorités se veulent rassurantes, les milieux d’affaires craignent une situation qui pourrait mettre à mal un certain élan pris récemment. Du côté des investisseurs en capital qui tentaient de faire bouger les lignes depuis l’année dernière, la situation politique actuelle met entre parenthèses plusieurs projets, notamment des levées de fonds, qui étaient sur le point de se concrétiser. Et, «Ces suspensions d’opérations par des institutions aussi importantes que la BAD et la Banque mondiale peuvent être grandement dommageables, même si elles sont temporaires», indique un investisseur qui requiert l’anonymat. «Nous espérons désormais que le pouvoir en place fera tout pour maintenir la stabilité et conduire le pays dans le calme. Car, on ne peut plus revenir en arrière».

 

Au niveau de l’Etat, les autorités tentent de poursuivre leur agenda et de montrer que les affaires fonctionnent normalement. Mahamat Idriss Déby effectue sa première visite officielle ce lundi 10 mai à Niamey au Niger où il a rencontré le président Mohamed Bazoum. Ce dimanche, Issa Doubragne signait un protocole d’accords avec l’Institut du Forum mondial du tourisme pour un accompagnement du programme de diversification économique du Tchad.

 

 

Par Jean François Hiac pour (App) Paris

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