La scène se déroule aux abords du lycée hôtelier qu’Emmanuel Macron vient de visiter. Le président est en bras de chemise, il se dirige vers un groupe de personnes rassemblées derrière des barrières de sécurité. Un homme portant un tee-shirt kaki, une barbe noire et une chevelure longue, porter une gifle au président de la République, tandis qu’une voix hurle le cri de guerre royaliste « Montjoie Saint Denis ! », ainsi que « À bas la macronie ». Les services  de sécurité de l’Élysée interviennent aussitôt.

Cette très courte scène est visible dans une vidéo amateur qui circule sur les réseaux sociaux. À ce moment-là, aucune caméra officielle, ni aucun journaliste n’était présent. L’Élysée confirme cet incident, mais minimise en parlant de « tentative de gifle ». Le chef de l’État français a ensuite poursuivi son déplacement par un déjeuner dans un restaurant de Valence.

Suite à cet incident, deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue. Il s’agit de deux Drômois âgés de 28 ans, inconnus de la justice, a précisé Alex Perrin, procureur de la République à Valence. « À ce stade des gardes à vue, leurs motivations ne sont pas connues », a-t-il ajouté, sans préciser davantage le profil des suspects.

Seuls indices décelables dans la vidéo amateur de l’incident, le cri de ralliement des royalistes, emprunté aux guerres des XI et XIIe siècles en France. Le slogan est régulièrement réapparu depuis. En 2018, il avait été utilisé par un militant de l’Action française, un mouvement royaliste d’extrême-droite au moment où il écrasait une tarte à la crème sur le visage du député, La France insoumise, Éric Coquerel.

Dans l’affaire de Tain-l’Hermitage, une enquête a été ouverte pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Condamnation unanime de la classe politique

Les réactions n’ont pas tardé. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a appelé à un « sursaut républicain ».

J’en appelle à un sursaut républicain, nous sommes tous concernés, il en va des fondements de notre démocratie.

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle a déclaré devant la presse : « Je suis la première opposante à Emmanuel Macron, mais il est le président de la République et à ce titre, on peut le combattre politiquement, mais on ne peut pas se permettre d’avoir à son égard le moindre geste, la moindre violence. Ce comportement est inadmissible et profondément condamnable dans une démocratie. »

RFI.