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Présidentielle en Guinée : l’ONU dénonce un climat de peur et d’intimidation à l’approche du scrutin

Alors que près de 6,8 millions de Guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 28 décembre, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a vivement critiqué les atteintes aux libertés fondamentales orchestrées par le pouvoir militaire. Disparitions forcées, répression de l'opposition et entraves à la presse assombrissent la légitimité de cette élection censée clore quatre années de transition.

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La Guinée s’apprête à vivre un scrutin présidentiel sous haute tension. À la veille du vote, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a tiré la sonnette d’alarme, vendredi, dénonçant une série d’actes d’intimidation visant à museler l’opposition et à décourager la participation citoyenne.

« Ces incidents contribuent à instaurer un climat de peur parmi les acteurs politiques et la population en général, et risquent de compromettre la crédibilité du processus électoral », a déclaré Volker Türk dans un communiqué officiel.

Une campagne électorale sous le signe de l’exclusion

La campagne, qui s’est étendue du 28 novembre au 26 décembre, s’est déroulée dans un contexte de vive contestation. Plusieurs figures emblématiques de l’opposition ont été écartées de la compétition, poussant certaines formations politiques à appeler au boycott. Parmi les huit candidats restants, la plupart demeurent méconnus de l’électorat, laissant le champ libre au président sortant, Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021.

Ce scrutin devait pourtant symboliser le retour à l’ordre constitutionnel après plus de quatre ans de gouvernance militaire. Mais les observateurs s’interrogent désormais sur sa capacité à restaurer la démocratie dans le pays.

Disparitions forcées et répression systématique

Depuis la prise du pouvoir par la junte, les atteintes aux libertés publiques se sont multipliées. Arrestations arbitraires, exils forcés et disparitions demeurent le quotidien des voix dissidentes.

Parmi les cas les plus emblématiques, deux figures de la société civile, Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, ont disparu en juillet 2024 après avoir été enlevés à leur domicile. Quatre proches de l’artiste et opposant Elie Kamano sont également portés disparus depuis le 16 novembre dernier.

Le HCDH signale par ailleurs l’enlèvement, le 27 novembre, de Sanassy Keita, photographe lié à l’ancien président Alpha Condé, par des « hommes armés et cagoulés ». Son sort reste à ce jour inconnu.

L’ONU appelle Conakry à garantir les libertés fondamentales

Face à cette spirale répressive, le Haut-Commissariat exhorte les autorités guinéennes à diligenter des enquêtes « rapides et impartiales » sur l’ensemble de ces allégations. L’agence onusienne réclame également que les responsables de ces violations soient traduits en justice, conformément au droit international.

Plus largement, Volker Türk appelle Conakry à garantir l’exercice effectif des libertés d’expression, de réunion pacifique et de participation politique. Son message est clair : la Guinée doit offrir à ses citoyens « un environnement où il n’y a ni peur, ni coercition, ni répression ».

Les bureaux de vote ouvriront dimanche à 7 heures pour fermer à 18 heures. La date de proclamation des résultats n’a pas encore été communiquée.

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