N’DJAMÉNA – C’est une décision radicale qui illustre la détérioration alarmante du climat sécuritaire dans la région. Ce lundi 23 février 2026, le gouvernement tchadien a annoncé la fermeture immédiate de sa frontière terrestre avec le Soudan, et ce, « jusqu’à nouvel ordre ». N’Djaména justifie cette mesure drastique par la multiplication des violations de son territoire, conséquences directes de la guerre civile qui fait rage chez son voisin.
Un cordon sanitaire pour protéger l’intégrité territoriale
Les autorités tchadiennes ont été claires : l’objectif est d’empêcher tout débordement des affrontements sur le sol tchadien. Face à l’instabilité chronique de l’autre côté de la ligne de démarcation, le gouvernement entend « protéger les populations et préserver l’intégrité territoriale du pays ».
Concrètement, tous les points de passage officiels et informels sont désormais clos. Toutefois, conscient du drame humanitaire en cours, le Tchad a prévu une clause de flexibilité : des dérogations exceptionnelles pourront être accordées strictement pour des raisons humanitaires, afin de ne pas couper totalement les vivres aux populations vulnérables.
Un contexte de tensions et d’incidents armés
Cette fermeture ne survient pas par hasard. Elle est l’aboutissement de plusieurs mois de frictions croissantes entre les belligérants soudanais et l’État tchadien. Le point de rupture semble avoir été approché fin décembre, lorsqu’une attaque de drone a coûté la vie à deux soldats tchadiens, un incident perçu comme une provocation inacceptable par N’Djaména.
Sur le plan diplomatique, la situation est tout aussi tendue. Le Tchad doit faire face à des accusations concernant son rôle présumé dans le conflit, portées devant la Cour pénale internationale (CPI). Des allégations que le gouvernement tchadien continue de rejeter avec la dernière énergie.
Le poids de la crise migratoire
En fermant sa frontière, le Tchad tente de reprendre le contrôle de sa sécurité, mais rappelle également l’effort immense déjà consenti. Les autorités affirment avoir accueilli sur leur sol plus de 1,5 million de réfugiés soudanais depuis le début des hostilités. Un fardeau humanitaire et logistique colossal pour N’Djaména, qui semble désormais signifier qu’il a atteint ses limites.