Le général Brice Oligui Nguema, chef de la puissante garde républicaine (GR), est-il en passe de devenir le nouvel homme fort du Gabon, après le putsch militaire de ce mercredi 30 août ? Signe de la confusion qui règne dans le pays, des premières rumeurs l’avaient d’abord donné arrêté – voire tué. Avant qu’il n’apparaisse, acclamé par des soldats, sur une vidéo diffusée mercredi midi par la télévision d’Etat, juste après la lecture d’un communiqué annonçant le placement «en résidence surveillée» du président renversé, Ali Bongo Ondimba.
Largement relayée sur les réseaux sociaux et filmée sous différents angles par des soldats, la scène montre le général Oligui avançant, uniforme vert foncé et bras levés, au milieu de ses hommes en treillis et bérets verts, qui s’écrient «Oligui président !». Depuis avril 2020, ce pilier sécuritaire du système Bongo, ex-aide de camp d’Omar Bongo, dirige la garde républicaine, l’unité militaire la plus puissante et la plus équipée du Gabon, chargée de la protection du chef de l’Etat. Mais la GR, comme d’autres unités de l’armée, a pris part au putsch.
Selon un portrait de lui dressé par le site d’information Mondafrique, fondé par le journaliste français Nicolas Beau, Brice Oligui Nguema, fils d’un officier gabonais, a rejoint très tôt la garde républicaine du Gabon. Après une formation à l’Académie royale militaire de Meknès, au Maroc, il devient l’un des aides de camp du président Omar Bongo, et le reste jusqu’à sa disparition en juin 2009. A l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, il est envoyé à l’étranger, comme attaché militaire à l’ambassade du Gabon au Maroc, puis au Sénégal. Une situation qu’il «vit comme un exil», lit-on sur le site d’information.
En 2019, Brice Oligui Nguema, alors colonel, est rappelé au Gabon où il remplace un autre colonel à la tête du service de renseignement de la garde républicaine. En avril 2020, il est promu à la tête de la garde républicaine, où il «impulse des réformes en vue de la rendre plus efficace dans sa mission fondamentale : le maintien du régime», écrit Mondafrique. Fin juillet, au cours d’une cérémonie présidée par Ali Bongo, le général Oligui Nguema avait symboliquement reçu du président gabonais les clés de quatre véhicules blindés légers AML-90, de fabrication française, destinés à renforcer les capacités de l’unité militaire d’élite.
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