CRIEF : l’ex-ministre Ibrahima Kourouma fixé sur son sort ce mardi en appel
La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières doit rendre, ce mardi 10 février, son arrêt dans le dossier de l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation. Enjeu majeur : la remise en cause de sa relaxe partielle de première instance et la restitution de plus de 600 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars supposément détournés.
Sauf changement de calendrier, le procès en appel de l’ex-ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Dr Ibrahima Kourouma, connaîtra son épilogue ce mardi 10 février devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Ouvert le 20 janvier dernier, ce second round judiciaire a été marqué par la présentation des plaidoiries et réquisitions des différentes parties, qui ont exposé des positions parfois diamétralement opposées sur le sort judiciaire de l’ancien membre du gouvernement.
Les avocats de la partie civile ont demandé à la Cour d’infirmer la décision de première instance en ce qui concerne le chef de détournement de deniers publics, pour lequel Dr Kourouma avait été relaxé. Ils ont sollicité que l’ex-ministre soit cette fois-ci « retenu dans les liens de la prévention » pour ces faits et condamné conformément aux réquisitions du ministère public.
Les conseils représentant l’État guinéen sont allés plus loin sur le terrain financier. Ils ont réclamé la restitution intégrale des montants présumés détournés, qu’ils évaluent à 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars américains. Par la voix de Me Pépé Antoine Lamah et Me Faya Gabriel Kamano, ils ont également plaidé pour la confiscation des biens du prévenu, sans en dresser la liste détaillée, et demandé le versement de 5 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Position notable dans ce dossier : le ministère public a, pour sa part, invité la Cour à considérer qu’il n’a formé qu’un appel incident et a requis la confirmation du premier jugement « en toutes ses dispositions », se rangeant ainsi derrière la décision initiale.
La défense de Dr Ibrahima Kourouma a, elle, plaidé la relaxe pure et simple de son client. Ses avocats soutiennent qu’aucun élément suffisamment probant ne permet de quantifier l’enrichissement illicite qui lui est reproché, et contestent la réalité même des détournements allégués.
En dernier mot devant la Cour, l’ancien ministre s’est borné à déclarer qu’il s’en remettait à la « sagesse » des juges. La décision attendue ce mardi devrait dire si la CRIEF confirme la ligne du premier jugement ou suit les demandes, nettement plus sévères, formulées par la partie civile et les avocats de l’État.