Au sommet Poutine-Erdogan, l’heure n’était guère à la joie….

Banniere CBG
Par Abdoulaye Fogo Balde

« La situation à Idlib s’est tellement aggravée que cela demande que nous ayons une conversation personnelle et directe », a déclaré le président russe Vladimir Poutine au début de la rencontre avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, cité par l’AFP.

Poutine a exprimé ses condoléances pour la mort de soldats turcs en Syrie, où des dizaines de personnes ont été tuées ces dernières semaines alors qu’Ankara lançait pour la première fois une offensive directe contre les forces syriennes à Idlib.

Mais il a également souligné que l’armée syrienne avait « malheureusement … subi de graves pertes ».

« Nous devons parler de tout, afin que rien de tel ne se reproduise et ne détruise les relations russo-turques », a souligné M. Poutine.

L’éditorialiste du journal Rai al-Youm y revient, affirmant que la reprise de Saraqib avait nettement changé la donne en faveur de la Syrie et de ses alliés lors de ce sommet : « en fait c’est une grande évolution militaire sur le terrain qui influe sur toutes les équations politiques et militaires. En effet, les groupes armés soutenus par la Turquie n’ont pu retenir Saraqib que pendant trois jours avant que l’armée syrienne ne s’en empare et ne rouvre les deux autoroutes reliant l’une Alep à Damas et l’autre, Alep à Lattaquié ».

Et l’auteur de poursuivre : « L’élément qui a changé la donne, était l’arrivée d’un millier de combattants du Hezbollah libanais à Saraqib et leur participation immédiate aux batailles. De ce point de vue, cette percée est tout à fait comparable à ce qui s’était passé en 2015 près de la frontière syro-libanaise, lorsque les forces du Hezbollah sont intervenues dans les combats à Qusseir (ouest de la Syrie). Des observateurs pensent que les combats auxquels participeront les forces du Hezbollah ne se limiteront pas à Saraqib. D’après certaines sources, la prochaine bataille des unités du Hezbollah libanais aura lieu face aux troupes turques et éléments radicaux soutenus par Ankara, surtout le Front al-Nosra », note Abdel Bari Atwan qui ajoute : « La reprise par l’armée syrienne de la ville stratégique de Saraqib est peut être le premier revers militaire et politique de l’opération turque dite Bouclier du printemps que le président Erdogan a entamée après l’expiration de l’ultimatum qu’il avait lancé à l’armée syrienne de se retirer de toutes les positions qu’elle contrôlait devant les points d’observation militaire turcs. Rappelons que Vladimir Poutine n’a pas accepté de recevoir Erdogan à Moscou avant que Saraqib ne soit libérée. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a même déclaré clairement que l’armée russe était la seule armée, se trouvant en Syrie, à la demande du gouvernement de Damas, tandis que la présence des autres pays en Syrie était contraire aux principes du droit international.

« C’est la première chose que le président Poutine a évoqué jeudi à Moscou avec le président turc. Poutine a affirmé vouloir être sûr que plus aucun soldats russes ne périraient sous la balle turque, sinon « les liens Ankara-Moscou » en pâtiraient gravement. II s’agit d’une mise en garde très sévère qu’Ankara a tout intérêt à prendre au sérieux, à moins qu’il veuille prêter l’oreille aux recommencements US. La délégation américaine qui a débarqué mercredi à Idlib a laissé entendre que les Patriot pourraient être activé à condition que les S-400 russes livrés à la Turquie disparaissent »

Mais le ministère russe de la Défense a déjà donné sa réponse : il a annoncé dimanche dernier dans un communiqué que « la Russie ne pourrait plus garantir la sécurité des avions turcs en Syrie depuis que le gouvernement de Damas a décidé de fermer l’espace aérien du nord du pays. Cela signifie que les systèmes de défense aérienne russes et syriens pourront abattre tout avion turc qui pénétrerait dans cet espace aérien fermé. Mais Erdogan a-t-il véritablement compris le sens de ce message? au fait, comment peut-il espérer que la Russie qui a dépensé des milliards et perdu de nombreux soldats en Syrie pendant cinq ans, se retire de la scène pour qu’Ankara gagne son pari improbable à Idlib ? Erdogan est dans l’impasse à moins qu’il prenne la main tendue de Téhéran. Le sommet tripartite Iran-Syrie-Turquie dont le président iranien, Hassan Rohani, a proposé la tenue le plus vite possible, serait une bouée de sauvetage. Sinon, Idlib broiera Erdogan. », écrit Atwan.

source:https://parstoday.com/fr/news/middle_east-i85891-le_niet_de_poutine_à_

pour oceanguinee.com

Réagir