Aucun journaliste ne doit aussi être toléré quand il viole l’article 1er de la loi portant la liberté de la presse (Proc. Charles Wright)

Charles Wright, procureur général près la Cour d’appel de Conakry a convié ce jour mercredi 23 fevrier les présidents des Associations et responsables de presse. Dans sa communication, Charles Wright a réitéré sa détermination à ne pas tolérer des manquements et a prevenu que le procureur général près la Cour d’appel de Conakry  qu’il est ne compte pas fléchir.

Ci-dessous un extrait de son intervention

« … Aucun journaliste ne doit être inquiété en raison de la liberté qu’il exprime dans l’exercice de ses fonctions. Aucun journaliste ne doit aussi être toléré quand il viole l’article 1er de la loi portant la liberté de la presse.

Vous savez que nous sommes dans une période de transition. Cela doit être une période apaisée, de culture sociale. Les médias jouent un rôle important prépondérant dans le renforcement de la cohésion sociale (…). La loi dit que la liberté d’expression ne doit être limitée que par la loi et par l’intérêt de l’ordre public et l’unité nationale.

Si certains journalistes se permettent, au nom de la liberté de la presse, de tenir des propos qui ont tendance à porter atteinte à la quiétude sociale, moi je ne défends pas une corporation, je défends une société et cette dernière a des valeurs à savoir la quiétude, la paix. Si un jour, un journaliste doit être inquiété parce qu’il a bien fait son travail, je serai le premier à m’opposer. Parce que la liberté de la presse est le socle de la démocratie.

J’ai entendu les gens dire ‘ce sont les journalistes qui ont fait le procureur, il veut se retourner contre eux’. Je suis désolé. Depuis ma prise de fonction au parquet, personne n’a vu un journaliste convoqué devant la police judiciaire. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de dérives au niveau de la presse. Non ! Mais pour moi, le principe est très simple : lorsque le journaliste s’exprime dans certaines circonstances, il faut le comprendre souvent. Mais je ne peux pas comprendre pendant que nous sommes en train de nous battre pour que la justice soit la boussole et que les journalistes disent que je veux tant de droits mais pas mes obligations. Il est hors de question pour le parquet de laisser un journaliste tenir des propos de nature à semer de troubles, à porter atteinte à la dignité de n’importe qui.

Les gens passent par des médias pour insulter, pour pouvoir alimenter la tension en Guinée. Est-ce que les médias doivent prêter droit à telle chose ? Je dis non ! La responsabilité vous incombe. Lorsqu’il y a des manquements, le parquet ne reculera devant rien. Et si c’est à répéter, je le ferai dans la limite de mes prérogatives. Les personnes qui vont prêter à cela feront l’objet de poursuites judiciaires.

On dit que je veux donner des instructions à la HAC, il faut que cela soit compris. La HAC a un rôle de veille et de protection de médias mais toute autre personne aussi. Je me dis que si la HAC donne, dans son communiqué, des informations répréhensives, moi en tant que ministère public, le communiqué de l’institution devient une source d’information (…).

Je ne négocie l’impunité avec aucun journaliste dans ce pays. Il n’y a pas une tribune où les journalistes et le procureur s’entendent sur l’impunité. Mais je suis sur un principe d’une liberté de presse garantie. Mais je suis contre une liberté de presse qui tend vers des infractions qui peuvent troubler la paix et la sécurité publique.

On a quand même fixé des points. Désormais, quand vous aurez des informations à demander, vous venez voir le parquet au lieu de commenter un communiqué en renversant tout sur son passage. Ce n’est pas la presse qui fabrique l’homme, que chacun fasse son travail dans l’intérêt de la Guinée… »

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