Medvedev doute de l’existence de l’Ukraine comme pays d’ici deux ans

Kiev demande aux États-Unis de faire entrer plusieurs milliards de dollars de livraison de gaz dans le cadre du programme Lend-Lease, réanimé par Biden, qui a permis le contrôle de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Dans son canal Telegram, qui a déjà surpris par la virulence de ses propos, Medvedev déclare douter de l’existence de l’Ukraine comme pays d’ici deux ans, quand il faudra payer. En effet, la question se pose.

Kiev a demandé aux États-Unis de les fournir en gaz … qu’ils paieront d’ici deux ans. Il faut rappeler que déjà, l’Ukraine a interdit l’exportation de gaz naturel, de charbon et de mazoute. En raison de la situation, tout doit être préservé pour le marché intérieur et tenter de passer l’hiver.

Pour satisfaire sa consommation intérieure, l’Ukraine a besoin d’importer pour 8 milliards de gaz des États-Unis. Et, évidemment, l’Ukraine n’a aucunement les moyens de le payer. Mais les Américains seraient intéressés de conclure cet accord dans le cadre … du Lend-Lease Act.

L’ironie de la chose n’a pas de limites. Le Lend-Lease Act, ou Loi de prêt-bail, date de la Seconde Guerre mondiale et constitue une loi d’assistance militaire, qui avait été mise en place par les États-Unis dans le cadre de l’aide apportée aux Alliés. Aide, qui fut particulièrement rentable pour les Américains ensuite, quand il fallut rembourser. La logique reste à peu près la même avec l’Ukraine, sauf que cette fois-ci, il s’agit de soutenir un régime qui utilise des groupes néonazis pour se maintenir au pouvoir.

Biden a décidé de la réactiver pour garantir le paiement à terme de l’aide militaire envoyée en Ukraine. La « démocratie néonazie », c’est beau, mais le business, c’est sacré. Désormais, l’Ukraine demande à ce que l’approvisionnement en gaz, vital pour le pays pour passer l’hiver prochain, entre également dans cette formule de crédit, comme le révèle Foreign Policy.

« Alors que l’industrie ukrainienne a diminué en raison de la guerre et que 7 millions de personnes ont fui le pays, la demande de gaz a en fait diminué, tout comme la capacité du pays à payer les importations dans un contexte de hausse des prix et d’un manque à gagner du gouvernement de 5 milliards de dollars par mois. Le PDG de Naftogaz, Yuriy Vitrenko, qui était à Washington la semaine dernière pour des réunions avec l’administration Biden, a déclaré que l’Ukraine avait besoin de 8 milliards de dollars de financement pour financer l’importation de 6 milliards de mètres cubes de gaz avant l’hiver. Avant la guerre, l’Ukraine consommait 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, dont un tiers était importé. Environ 90% des foyers ukrainiens dépendent du chauffage au gaz, et le gaz sert de source d’énergie de secours pour de nombreuses centrales électriques du pays. (…) L’une des nouvelles propositions avancées par les responsables ukrainiens de l’énergie est de sécuriser l’approvisionnement énergétique dans le cadre d’un accord de prêt-bail, qui verrait les États-Unis fournir à l’Ukraine 6 milliards de mètres cubes de GNL, livrés à des terminaux en Europe – l’Ukraine n’a pas de Terminaux GNL – avant d’être expédiés par pipeline vers l’Ukraine. « Ils ont été surpris d’entendre une telle idée, mais elle a été bien accueillie », a déclaré Vitrenko. (…) »

Le problème des prêts est qu’il faut bien les rembourser. Les États-Unis ne sont pas naïfs sur le sujet et manifestement, l’UE va devoir payer une partie de ce gaz, pendant qu’un prêt américain est à l’étude, mais sans urgence :

Une autre proposition que l’Ukraine étudie est d’obtenir un financement de la U.S. International Development Finance Corp. (DFC), une banque de développement du gouvernement américain, pour aider à payer le gaz à court terme (…). Pooja Jhunjhunwala, porte-parole du DFC, a refusé de commenter les discussions en cours avec l’Ukraine, mais a déclaré : « Le DFC travaille dans le cadre de notre autorité statutaire pour aider à faire face à la crise énergétique sans précédent de l’Ukraine et de l’Europe et à éroder la domination de la Russie sur les approvisionnements énergétiques européens, en cherchant à soutenir l’énergie et les investissements dans les infrastructures liées à l’énergie. L’Ukraine a cependant déjà obtenu une aide similaire de l’UE. Mardi, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé qu’elle prêterait jusqu’à 300 millions d’euros (312 millions de dollars) pour aider à indemniser l’Ukraine des perturbations de sa production nationale de gaz causées par la guerre. Naftogaz « utilisera la tranche initiale de 50 millions d’euros déboursée par la BERD pour les achats de gaz d’urgence, qui sont nécessaires de toute urgence pour préparer le système gazier ukrainien pour la prochaine saison de chauffage », a indiqué la BERD dans un communiqué.

Le circuit de prise de contrôle de l’Ukraine semble être bien ficelé, il a d’ailleurs parfaitement fonctionné pour l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, la situation est différente : si les pays européens ont continué à exister après la Guerre, il n’est pas certain que l’Ukraine, elle, survive comme pays d’ici quelques années. Comme le souligne très justement Medvedev :

« J’ai vu un message indiquant que l’Ukraine souhaite recevoir du GNL de ses propriétaires étrangers dans le cadre d’un prêt-bail avec paiement pour livraison dans 2 ans. Sinon, l’hiver prochain, elle gèlera tout simplement.

Juste une question. Et qui a dit que dans deux ans l’Ukraine existera encore sur la carte du monde ? Les Américains ne s’en soucient plus – ils ont tellement investi dans le projet « anti-Russie » que tout le reste est une bagatelle pour eux … »

En effet, l’Ukraine comme État n’existe déjà plus depuis 2014, ses frontières étatiques ne sont plus fixées depuis et ses institutions ne fonctionnent plus normalement ; elle commence, par ailleurs, à se faire grignoter politiquement, et donc territorialement, par la Pologne, en vue d’une « digestion démocratique pro-européenne ». De l’Ukraine, il ne reste aujourd’hui qu’un territoire incertain et une population jetée dans un combat fratricide, pour défendre des intérêts, qui ne la concernent pas.

L’exportation démocratique américaine est vraiment toujours une belle réussite 

source : Russie Politics

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