Le FNDC serait-il devenu ce 17 août l’ombre de lui même?

L’ordre et le calme règnent à Conakry. La fin du monde promise n’a pas eu lieu. L’apocalypse annoncé non plus. Le cataclysme redouté a été une occasion ratée. Le colonel-Président Mamadi Doumbouya est encore au palais Mohamed V à Kaloum.

Ironie de l’histoire, le FNDC fer de lance des mouvements de contestation ou de protestation ou encore de déstabilisation contre le régime du PRAC, serait-il devenu ce 17 août l’ombre de lui même?

En effet et habituellement, c’est un secret de polichinelle, à l’appel des manifestations du FNDC, l’axe Hamdallaye-Bambeto-Cosa-Wanindara… est disputé par les forces de l’ordre et les manifestants, les populations apeurées restant terrées à la maison.

Hier, c’est un fait insolite de constater sur ce même axe, les habitants des quartiers et autres citoyens de la capitale circuler librement, les taxis et autres automobilistes rouler sous l’œil vigilant des agents de sécurité, sans oublier bien évidemment la présence de quelques étalagistes qui font tranquillement leur business. La peur a-t-elle changé de camp?

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Avec la dissolution du mouvement par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation Mory Condé, cette journée de manifestation était un test de résilience ou de décadence du FNDC. Malheureusement, il n’est pas faux, ni absurde d’affirmer que l’échec est patent, frappant, cuisant aussi bien dans l’organisation que dans la mobilisation constatée nulle part dans le grand Conakry.

« L’histoire est la mémoire vivante des peuples », dit-on.

En Guinée, dans le passé lointain et récent du pays, d’Ahmed Sekou Touré à Lansana Conté, du capitaine Moussa Dadis Camara au Président Alpha Condé, l’histoire enseigne que les contestations populaires, les mouvements sociaux… ont certes ébranlé les régimes, mais ne l’ont jamais emporté.

Paul Moussa Diawara, membre fondateur du CRAS

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