Hadja Andrée Touré s’éteint à 92 ans : la Guinée perd l’une des dernières figures de l’ère de l’indépendance
Hadja Andrée Touré, veuve du premier président guinéen Ahmed Sékou Touré et première Première dame du pays, est décédée ce mercredi 8 juillet 2026 au Maroc, à l’âge de 92 ans, où elle était soignée. Sa disparition ravive la mémoire d’une période fondatrice — et tourmentée — de l’histoire nationale.
Hadja Andrée Touré, veuve d’Ahmed Sékou Touré, premier président de la République de Guinée, est décédée ce mercredi 8 juillet 2026 au Maroc, à l’âge de 92 ans, selon des sources proches de la famille. Elle séjournait depuis plusieurs semaines dans le royaume chérifien pour des soins médicaux.
Née Andrée Kourouma en 1934 à Macenta, dans le sud de la Guinée, elle aura traversé, au premier rang, les grandes séquences de la jeune nation guinéenne. Mariée à Ahmed Sékou Touré en juin 1953, elle devient, cinq ans plus tard, la première Première dame de la Guinée indépendante, au moment où le pays accède à la souveraineté internationale en 1958.
Pendant plus de vingt-cinq ans, jusqu’au décès du chef de l’État en 1984, Hadja Andrée Touré occupe ce rôle avec réserve, loin des prises de parole publiques, mais au cœur d’un pouvoir qui marque durablement l’histoire politique du pays.
La disparition de son époux ouvre une période de rupture. Après le changement de régime intervenu en 1984, elle est arrêtée, puis condamnée aux travaux forcés sous le Comité militaire de redressement national (CMRN). Elle ne retrouvera la liberté qu’à la fin des années 1980, après des années d’épreuves qui laisseront une empreinte profonde dans la mémoire collective.
Ces dernières années, la figure de l’ancienne Première dame avait refait surface dans l’actualité nationale. En 2021, les autorités de la transition dirigées par le général Mamadi Doumbouya lui avaient notamment restitué les clés de la Case de Bellevue, résidence historique de la famille Touré, geste hautement symbolique dans un pays encore travaillé par les lectures contrastées de son passé.
Avec la mort de Hadja Andrée Touré, la Guinée perd à la fois une femme au destin intimement lié à celui de l’État et l’un des derniers témoins directs de l’épopée de l’indépendance et des premières décennies de construction nationale.
À ce stade, aucune date officielle n’a été communiquée concernant le rapatriement de sa dépouille à Conakry. Dans la capitale comme à l’intérieur du pays, les réactions et hommages commencent déjà à affluer, au sein de la classe politique comme parmi les citoyens.