30ème sommet de l’union africaine: discours inaugural du Président sortant Alpha Condé

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Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine ;

Excellence Monsieur Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité nationale palestinienne et Président du Comité exécutif de l’organisation de libération de la Palestine;

Monsieur Antonio GUTERRES, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies ;

Monsieur Moussa Faki MAHAMAT, Président de la Commission de l’Union africaine ;

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres ;

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de missions diplomatiques ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales;

Distingués Invités ;

Mesdames et Messieurs.

 

Me voici arrivé au terme du mandat de la présidence de notre Organisation Continentale que vous avez bien voulu me confier. Permettez-moi de vous remercier tous, pour votre soutien inconditionnel tout au long de l’année 2017, au cours de laquelle, au-delà de notre thème  « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse », beaucoup de défis ont vu jour, que nous avons affrontés au fur et à mesure.

Dans l’accomplissement de mon mandat, je me suis efforcé, malgré les limites, à essayer d’imprimer une nouvelle dynamique pouvant nous permettre de passer de la rhétorique à l’action, des promesses aux résultats concrets et tangibles.

J’ai pu ainsi me rendre compte de l’impératif pour nous, de rester unis et solidaires, en parlant d’une même voix et en agissant de concert, pour une meilleure gestion de nos préoccupations.

Je remercie tous les Chefs d’Etat et de Gouvernement qui ont œuvré à la réalisation de notre programme de travail durant l’année écoulée, les Champions sur les différentes questions prioritaires définies ensemble, les membres du Conseil Exécutif et du Comité des Représentants Permanents, ainsi que la Commission de l’Union Africaine.

Mes remerciements vont également au peuple et au gouvernement de la République Fédérale et Démocratique d’Ethiopie pour la disponibilité et l’hospitalité dont nous avons toujours bénéficié,  chaque fois que nous avons eu l’occasion de  nous réunir  dans la belle capitale Ethiopienne d’Addis-Abeba.

Je remercie aussi nos partenaires pour leur soutien aux initiatives qui ont été prises, notamment dans le cadre de la mise en œuvre des activités découlant du thème de l’année 2017.

Chers Collègues,

Distingués Invités,

L’année qui s’achève a été marquée par de nombreux défis.

La mise en œuvre de la réforme de notre Union, qui se déroule dans un contexte international difficile, notamment en raison de la crise économique qui, en frappant nombre de nos Etats membres, a eu un impact négatif sur leur contribution au financement de notre organisation commune.

Ceci n’a heureusement pas empêché les Champions de produire des rapports substantiels sur les thématiques qui leur étaient confiés.

L’aggravation du phénomène de l’immigration et l’éclatement au grand jour du trafic honteux et inhumain de l’esclavage ont aussi retenu notre attention et requièrent de notre part des actions concrètes et ciblées.

L’émigration de nos jeunes vers d’autres continents en raison de plusieurs facteurs et les sorts les plus cruels auxquels ils sont confrontés dans ces aventures périlleuses sont des sujets dont nous devons rester constamment saisis.

Notre partenariat avec divers acteurs dans des domaines aussi variés que la paix et la sécurité, l’éducation et la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat, l’agriculture, l’autonomisation des jeunes et des femmes, le transfert de technologie, le changement climatique, doit être redynamisé et réorienté dans le sens d’une meilleure prise en compte de nos priorités et du respect de notre dignité.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Au cours de l’année 2017, j’ai participé en votre nom à plusieurs fora où il fallait clamer et défendre nos idéaux et priorités.

Je citerais à titre d’exemple :

Le 5ème Sommet mondial des gouvernements à Dubaï en février 2017 ;

Le partenariat Union africaine-Turquie sur l’agriculture des 27 et 28 avril ;

Le Sommet du G7 en Italie des 26 et 27 mai ;

Le Sommet des BRICS en chine des 3 et 5 septembre ;

Le Sommet du G20 à Hambourg les 7 et 8 juillet ;

L’Assemblée Générale des Nations Unies à New York en septembre dernier, en marge de laquelle une journée de débat de haut niveau sur la mise en œuvre du thème de l’année 2017 ;

Le Sommet Union africaine-Union européenne d’Abidjan du 29 Novembre dernier ; ou encore,

La Conférence « One Planet » à Paris sur le changement climatique.

Nous avons effectué un parcours certes appréciable, mais qui n’est qu’une petite étape de notre longue et complexe marche vers le développement de notre continent pour faire profiter à nos populations les bénéfices des immenses ressources dont notre continent regorge, et juguler la pauvreté, l’ignorance, l’analphabétisme, le chômage des jeunes, l’immigration, les crises et conflits, le terrorisme et tous les maux qui gangrènent nos sociétés.

Il est important en cela de mettre en place une structure efficace au niveau de notre Assemblée pour assurer la continuité et la cohérence des initiatives que nous mettons en œuvre.

Je me réjouis également du fait que notre engagement à tirer profit du Dividende Démographique en Investissant dans la Jeunesse» ait été suivi d’effet dans au moins vingt-sept (27) pays dont la Guinée, et que plus de 40 pays aient pris des mesures importantes pour déterminer leurs profils démographiques, ce qui contribuera, j’en suis convaincu, à identifier les domaines pour les investissements clés dans nos pays.

Dans la même veine, la mise en œuvre de l’initiative pour le recrutement, la formation et le déploiement de deux millions d’agents de santé communautaires sur l’ensemble du continent, illustre notre volonté commune d’améliorer la santé et le bien-être de nos femmes et nos jeunes.

Il s’agit désormais de maintenir cet élan tout en restant conscient que c’est dans l’unité et la mutualisation de nos efforts que l’Afrique pourra tirer pleinement profit du dividende démographique et réaliser la transformation structurelle indispensable à son émergence.

Chers Collègues,

Distingués Invités,

Notre engagement à mettre effectivement en place la Zone de Libre-échange continentale doit être maintenu et consolidé.

En ce qui concerne la décision relative au nouveau mécanisme de financement de notre Union, il est indispensable de poursuivre sa mise en œuvre car c’est le moyen le plus sûr pour nous de résorber le déficit budgétaire chronique de notre organisation.

A ce jour, une vingtaine d’Etats ont commencé à appliquer cette mesure, ce qui constitue un motif de satisfaction et d’espoir.

En votre nom, je leur adresse mes sincères félicitations et exhorte ceux qui ne se sont pas encore engagés à travailler avec le Comité des Ministres de l’Economie et des Finances pour aplanir les divergences de tous genres, liés à la mise en œuvre du prélèvement.

Je comprends également les préoccupations exprimées par certains Etats membres et je les encourage à travailler avec l’Unité de suivi de la mise en œuvre de la réforme pour trouver un consensus autour de ces questions.

C’est à ce prix que notre volonté commune de parler d’une seule voix se renforcera, et que notre solidarité érigée en valeur sacrée se consolidera.

C’est également par ce biais que nous réussirons à sortir de la dépendance vis-à-vis de l’extérieur, ou du moins à la réduire considérablement tout en maintenant avec nos partenaires, les relations de confiance mutuelle que nous avons tissées au fil des ans, et nous positionner en partenaire fiable et crédible.

Chers Collègues,

Distingués Invités ;

Notre continent continue d’être le théâtre de plusieurs tensions et crises malgré les efforts que nous déployons pour les endiguer. Le déficit de gouvernance notamment en matière de lutte contre la corruption et de redistribution des revenus continue d’alimenter des tensions qui fragilisent et ruinent les efforts de développement.

A cet égard, la mise en œuvre effective de la Charte Africaine de la Démocratie, de la Gouvernance et des élections, contribuera à renforcer le climat de paix et de stabilité dans nos pays.

Il en est de même de notre initiative de faire taire les armes en Afrique d’ici 2020, qui doit être une priorité absolue et faire l’objet d’un suivi de tous les instants.

Il s’agira pour nous également, d’élaborer une stratégie réaliste et circonscrite dans le temps, pour résoudre de façon durable, les crises partout en Afrique où la paix, la stabilité et l’ordre sont menacés ou en voie de céder la place au chaos.

Nous pouvons y parvenir en présentant un front africain commun et en soutenant pleinement les initiatives des Organisations régionales qui ont très souvent un avantage comparatif en matière de prévention, gestion, et résolution des conflits.

Je demeure convaincu qu’en collaboration avec le Conseil de Sécurité des Nations Unies qui s’est engagé à prendre en compte et respecter nos positions sur les conflits africains, nous parviendrons à trouver des solutions durables à toutes ces crises.

C’est le lieu de se réjouir de la signature d’un accord de partenariat stratégique avec les Nations Unies qui reconnait le rôle et la responsabilité de l’Afrique, notamment dans les opérations de maintien de la paix sur le continent.

Chers Collègues,

Distingués Invités,

Je ne saurais conclure mes propos sans réitérer la nécessité de poursuivre avec ardeur et fermeté la rationalisation des méthodes de travail de tous les organes de notre union, y compris notre Conférence.

Nous devons œuvrer pour que notre conférence devienne un cadre d’action collectif et non une tribune à résonnance continentale pour l’expression et la protection des intérêts nationaux.

J’ai désigné des Chefs d’État pour piloter et superviser certaines problématiques prioritaires de notre union.

Les rapports qu’ils présenteront au cours de cette session nous convaincront davantage de la pertinence d’une telle approche et de l’éventualité de sa formalisation.

Je suis particulièrement heureux de passer le témoin au Président Paul KAGAME, à qui nous avons confié le processus de la réforme institutionnelle de notre Union.

On ne pouvait pas espérer meilleure configuration pour la poursuite de ce processus.

Il est de notre devoir à tous de lui apporter notre soutien à travers des contributions d’idée et des actions concrètes.

Vive l’Union africaine !

Je vous remercie.

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