Cycle du centenaire de la naissance de feu Keita Fodeba (source)

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Une vision tracée annonçant les fondamentaux de la « world music » celle de ce qu’il appelait : « l’Afrique de demain ».

Voici ce qu’il en a écrit:

DE L’ESPRIT DE NOS CHANTS ET DANSES.

Dans l’élaboration de nos programmes pour l’Europe, notre souci constant est d’éviter d’induire le spectateur en erreur en lui présentant des images d’une Afrique fictive.

C’est pourquoi nous puisons à deux sources distinctes : à l’Afrique traditionnelle de nos ancêtres et à l’Afrique d’aujourd’hui celle qui peu à peu, s’empreint de la civilisation occidentale.

Bien qu’entre ces deux Afriques, il n’y ait pour certains, de véritable différence que dans la forme, nous nous devons pour le respect de l’authenticité de marquer cette différence, fût-elle dans les apparences.

Pour nous, l’authenticité est synonyme de réalité.

Dans la mesure où le folklore est un ensemble de traditions, poèmes, chansons, danses et légendes populaires d’un pays, il ne peut être que le reflet de la vie de ce pays.

Et si cette vie évolue, il n’y a pas de raison pour que le folklore, qui en est l’expression vivante, n’évolue pas.

C’est pourquoi le folklore moderne de l’Afrique actuelle est aussi authentique que celui de l’Afrique ancienne, car tous deux sont l’expression réelle de la vie de notre Continent à deux périodes différentes de son histoire.

Ainsi, le chant créole peut parfaitement trouver sa place dans notre spectacle, si l’on sait que le créole portugais est devenu le dialecte courant d’une partie de la Basse-Casamance.

Bien souvent pour la plupart des spectateurs métropolitains, le spectacle authentiquement africain est celui qui correspond à l’unique conception qu’ils se sont faites de l’Afrique, soit après avoir vu un film, ou assisté à une conférence.

Or, cette notion peut être erronée dans la mesure où l’on conçoit que l’Afrique est un Continent plus grand et certainement aussi varié que l’Europe.

En effet, n’aurait-il pas été absurde pour nous, lors de nos nombreuses pérégrinations européennes de confondre dans la même notion : France, Allemagne, Finlande, Yougoslavie…

Dans tous les pays du monde, l’Art évolue en fonction des conditions sociales, économiques et politiques qui le déterminent.

C’est ainsi qu’à coté de nos formes d’expression pures de tout mélange, nous en présentons d’autres qui ont subi l’influence des civilisations extérieures.

Mais, quelle que soit la forme d’expression utilisée, l’art africain enseigne à considérer comme essentiels dans nos sociétés : la solidarité, l’amour de la vertu et de la fraternité entre les hommes.

Toutefois l’optique de la scène étant différente de celle de la vie, il nous a fallu recourir à une légère adaptation scénique.

En effet, dans nos villages, nul ne danse pour son voisin. Chacun danse pour soi et apprend à danser et chanter de la même façon qu’il apprend à parler. De plus, une même danse peut durer toute une nuit sans lasser personne.

En Europe, la danse vise à la grâce, à la beauté, à l’expression et participe d’un plan, d’une idée ou d’une histoire.

En Afrique, les Arts n’étant pas encore si différenciés, chants et danses, intimement liés sont les moyens instinctifs d’extériorisation de l’individu. Nos danses africaines sont donc des danses nécessaires, vitales, impérieuses et directes.

Dans ce sens, elles signifient intensément et, le ballet qui en découle au stade actuel de notre évolution, n’est en conséquence, qu’à base folklorique.》

KEITA FODEBA.

À l’image, KEITA Fodéba à Paris en 1948.

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