OPINION “Histoire Secrète – A beau mentir qui vient de Conakry !” (Par Thierno Diop, Journaliste)

Par senenews.com

Pour Sartre, l’intellectuel « est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas » ; pour Cheikh Yérim, l’intellectuel « est quelqu’un qui se mêle de ce qu’il ne maitrise pas ». Souvent l’homme qui prétend tout maitriser est face à des journalistes qui, apparemment, ne maitrisent pas ce qu’il ne maitrise pas pour le maitriser.
On a l’impression que Cheikh Yérim Seck n’est crédible que lorsqu’il écrit sur les relations entre Me Nafissatou Cissé et Idrissa Seck, du temps de l’affaire des Chantiers de Thiès. De plus brillants journalistes sénégalais sont passés par Jeune Afrique, mais comme il a fallu la Révolution française pour faire sortir Robespierre de l’anonymat, Yérim est rendu célèbre par les allégations des cancans à propos des fameux CD de Idy. La paranoïa sécuritaire dans laquelle était enfermé le « SOPILAND » a fait croire que Yérim pouvait être un confident de I’ancien PM et le journaliste en a profité pour se déifier, et foutre des boules aux complexés.

En outre de nous vendre son ami Cheikh Oumar Anne, en héritier « présomptif » de Macky Sall, Yérim est-il un adepte du plagiat, qui présume beaucoup plus qu’il n’en sait ? Le professeur Mbacké Diagne parle de « gratuité intellectuelle », chez le patron de Yerimpost. L’homme, sous le mode du simple copier-coller, manipule des concepts qu’il ne maitrise pas ou en fait un usage inconsidéré. « Que si on se mettait à codifier le wolof pour en faire une langue scientifique on accusera un retard d’une génération », a dit Yérim Seck. C’est une vielle thèse de Léopold Sédar Senghor, face à Cheikh Anta Diop, qu’il reprend là, alors qu’il n’a pas l’armature intellectuelle du poète-président, qui préférait « angle » à « Bop kogn ».

Commentant la rencontre Wade / Alpha Condé à Conakry, ce « génie du journalisme » sénégalais est soit adepte du plagiat ou il désigne un lieu commun, car tout ce qu’il a pu raconter du « Protocole de Conakry », qui n’est qu’une abstraction de l’esprit portée par des élucubrations journalistiques, était déjà connu, puisque Jeune Afrique écrit début octobre 2019 : « L’ancien président, qui va jusqu’à encourager ses troupes à brûler les urnes, n’a alors qu’un seul credo : si son fils est empêché de concourir, l’élection n’aura pas lieu ! Face à la menace de voir la campagne électorale dégénérer, une poignée d’hommes entame une médiation de la dernière chance. L’un d’eux est Ousmane Yara, un homme d’affaires malien bien introduit dans les présidences ouest-africaines, notamment à Dakar et à Conakry. En concertation avec Alpha Condé, qui en a informé Macky Sall, celui-ci se lance dans une mission de bons offices pour convaincre Gorgui de calmer le jeu ».

Ce Ousmane Yara n’est, en fait, qu’un proche du « jet-setteur »,Dioni Ba, lui-même proche de la famille omarienne, qui a vu la Corniche au Gabon et décrit comme un intermédiaire entre Macky Sall et Karim Wade. L’une des filles de ce Dioni Ba porte le nom de la femme d’affaires et politicienne Oumou Salama Tall. Nous devons à la vérité de souligner que la visite de Wade au Khalife de Thierno Mountaga Tall à son domicile, le samedi 6 juillet 2019, alors que Guy Marius et Cie, manifestaient à Dakar, intervient dans un contexte politique marqué par le boycott que le Pds a réservé au dialogue politique initié par le chef de l’Etat. De plus, le pape du Sopi, qui était en première ligne dans le combat de la plate-forme Aar Lignu Bok, née au lendemain des révélations de la Bbc sur PETRO-TIM, s’apprêtait à faire une sortie publique qui allait raviver les flammes. Quelque temps après, sont signés les accords de Massalikul Jinaan.

« Pour donner le plus de chances de réussite à leur médiation, Yara a convaincu des chefs d’état d’appeler Wade et Macky pour les pousser à se parler », écrira plus tard Le Témoin.
Dès lors, que nous apprend l’ami de Moussa Dadis Camara qui prétend avoir découvert le pot aux roses quand il soutient que ce sont des « proches » de Condé qui ont instigué le « Protocole de Conakry ? » « A l’approche des élections, ce sont des personnes proches de Alpha Condé qui sont allées rencontrer Macky Sall. Au début, Alpha Condé n’était pas chaud, parce qu’il était en colère contre Macky Sall à cause de Ebola… C’est un fait d’histoire », dit-il doctement, de la tribune de Sen Tv en octobre 2020.

L’honnête intellectuelle et la déontologie exigent de Cheikh Yérim Seck qu’il fît la revue littéraire, en soulignant que cette thèse, qu’il aurait lue, a été défendue ailleurs et antérieurement.
On a surestimé le rôle de la bande à Dioni Ba. Le rapport des forces obligeait Macky à négocier avec Wade, qui menaçait de susciter « une première vague » de révolte deux ans avant « Sweet Beauté ».

C’est un secret de Polichinelle : des chefs d’Etat africains comme Denis Sassou Nguesso, ou encore Alassane Ouattara ont joué un rôle décisif pour arriver à cette décrispation. A l’émission « Sortie » sur Walf Tv, Me El Hadj Amadou Sall, la seule personnalité à avoir accompagné Me Wade à Conakry, ne dit pas le contraire. Le choix de Conakry, ce n’était qu’à titre symbolique. D’ailleurs, Alpha Condé a souvent entretenu des relations difficiles avec le Sénégal, aussi bien sous Wade que sous Macky et il n’est pas le président le mieux indiqué pour mener cette médiation.

Qui plus est, en débarquant à Dakar ce 7 février 2019, le pape du Sopi avait bien averti son monde, en déclarant qu’il n’accepterait de dialoguer avec Macky Sall que sous le parrainage de la communauté internationale. Les présidents précités, avec le roi Mohammed VI, ont toujours joué une mission de bons offices entre Wade et son successeur. Quand la maison de Abdoulaye Wade au Point E lui a été dûment restituée, le Pape du Sopi, qui avait un projet de finition de la maison, avait chargé de rôles Aïdara Sylla pour rencontrer un chef d’Etat étranger qui devait financer les travaux devant l’impossibilité où se trouvait Karim de poursuivre le chantier.

Macky Sall, en demandant qu’on lui fasse l’estimation des besoins, a conseillé à ce qu’on ne mêle pas des étrangers à cela. Ce chef d’Etat doit être Alassane Ouattara.
C’est comme cela que Yérim a pu nous faire prendre pour des scoops ce que de petits maures auraient raconté à propos des négociations entre Idrissa Seck et Macky Sall. Dès lors qu’il y a dialogue politique, y a forcément négociations. Yérim ajoute que Macky et Idy négociaient via une haute figure religieuse. Au Sénégal, les marabouts ont toujours joué le rôle médiateur. Dès que Idrissa Seck a rejoint la majorité, l’analyste politique s’est empressé de parcourir les plateaux pour revendiquer une sorte de confirmation de ces projections, alors qu’à vrai dire, il n’avait rien dit d’extraordinaire.

Toujours au sujet de la Guinée, au cours de cette émission « Ndoumbélane », Cheikh Yérim accuse le président Ahmed Sékou Touré, d’avoir inventé le complot peulh pour liquider Diallo Telly. « Quand Sékou Touré a voulu liquider Diallo Telly, il a créé le complot peulh et a commencé à tuer les peuls », a-t-il dit en wolof.
Comme nous l’avons rappelé en son temps, en fait, c’est la France qui est venue semer la zizanie entre les différentes ethnies, selon la technique du diviser pour mieux régner. Paris voulait dresser les peuls contre le nationaliste Sékou Touré.

Il s’agit au contraire d’un complot machiavélique piloté par l’alors chef du SDECE (services secrets français) Maurice Robert de son poste à Dakar, de concert avec Jacques Foccart. Il était question d’impulser une guérilla dans la zone du Fouta Djallon, grâce à une petite armée composée essentiellement de peulhs. Les caches d’armes établies sur la frontière de la Côte d’Ivoire et du Sénégal finiront par être détectées.

L’opération capota. « Senghor avait fait savoir qu’il acceptait qu’on lance ces missions, mais à condition d’agir vite et discrètement. C’est raté ! Quant à Houphouet Boigny, favorable au départ, il finit par se lâcher et agonir d’insultes le haut-commissaire de France, Yves Guéna », rapporte ma source, le livre intitulé « Histoire secrète de la Ve République ».
Nous y reviendrons…

Par Thierno Diop, Journaliste

 

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