Émirats Arabes Unis : Qui est Mohammed ben Zayed, le nouveau président ?

Le Prince Mohammed ben Zayed a été élu, à l’unanimité du Conseil Suprême, président des Émirats Arabes Unis, ce 14 mai 2022. Il succède à son demi-frère Khalifa ben Zayed Al-Nahyane, décédé vendredi à l’âge de 73 ans. Prince héritier d’Abou Dhabi et ancien vice premier-ministre, le nouveau dirigeant a déjà occupé plusieurs postes-clés au sein de l’État fédéral du Golfe. Retour sur son parcours.

Cette élection officialise sa position de leader de cette riche monarchie du Golfe de quelque 10 millions d’habitants, devenue en moins de dix ans un acteur incontournable de la géopolitique du Moyen-Orient.

Un homme ambitieux

Cheikh Mohammed ben Zayed, souvent appelé « MBZ », est le troisième fils de cheikh Zayed ben Sultan Al-Nahyane, premier président et père-fondateur de la fédération des Émirats Arabes Unis. Formé dans la célèbre académie militaire britannique de Sandhurst dont il est sorti diplômé en 1979, il a rapidement gravi les échelons des forces armées pour devenir chef d’état-major en 1993. Il a le grade de général et assume, de fait, le commandement des forces armées.
À la mort de son père en novembre 2004, « MBZ » est nommé prince héritier d’Abou Dhabi, et devient président de son Conseil exécutif, qui contrôle les finances stratégiques de l’émirat. Il rejoint aussi le Conseil supérieur du pétrole des Émirats Arabes Unis, organisme doté de larges pouvoirs dans le domaine énergétique.
À la même époque, il devient conseiller spécial de son demi-frère, le président Khalifa ben Zayed Al-Nahyane. Cette fonction lui permet de prendre de facto les commandes de la fédération en 2014, lorsqu’un AVC empêche Khalifa ben Zayed Al-Nahyane d’exercer ses fonctions de chef d’état.

Une politique internationale plus affirmée

Sous la direction de « MBZ », les Émirats Arabes Unis deviennent un acteur influent au Moyen-Orient et en Afrique. Pays allié de l’Arabie saoudite et des États-Unis, les Émirats de Mohammed ben Zayed ont été le premier pays du Golfe à normaliser en 2020 les relations avec Israël, dans le cadre d’un accord négocié par Washington.

Abou Dhabi participe à la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis en Irak et en Syrie, mais aussi à une coalition militaire sous commandement saoudien au Yémen pour combattre les rebelles Houthis depuis 2015.
Considéré comme particulièrement hostile aux soulèvements populaires du Printemps arabe de 2011, « MBZ » peut compter sur la richesse d’Abou Dhabi, qui détient 90% des réserves pétrolières des Émirats, pour affirmer sa puissance dans la région et afficher son soutien à certains régimes, comme celui de l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Une proximité avec le prince héritier d’Arabie saoudite

Au-delà de certaines divergences, Mohammed ben Zayed peut compter sur sa proximité avec le jeune et ambitieux prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, « MBS ». Certains analystes estiment que « MBZ » est le mentor de « MBS », avec lequel il partage une profonde hostilité envers l’Iran et les Frères musulmans. Ils ont été les architectes de la mise au ban diplomatique pendant plusieurs années du Qatar, jugé trop proche de ces derniers.

Cheikh Mohammed aurait encouragé la politique de libéralisation de la société saoudienne menée par Mohammed ben Salmane, dont l’image a été dans le même temps écornée par une répression féroce des dissidents.

« MBZ » tente de forger une réputation de tolérance et ouverture aux Émirats Arabes Unis. En 2017, il a annoncé que la grande mosquée d’Abou Dhabi serait rebaptisée mosquée Mariam Umm Issa (Marie, mère de Jésus) afin de « consolider les liens d’humanité entre les adeptes de différentes religions ».

Pourtant, les ONG de défense des droits humains déplorent régulièrement les violations aux Émirats, en particulier le sort d’Ahmed Mansour, un militant pro-démocratie emprisonné depuis 2017, dans le cadre d’une politique de sécurité intérieure sans merci.

Tv5

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