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Bonjour à la Guinée qui se cherche, aux Guinéens qui ne se retrouvent guère

Mourir, en martyr ou vivre en esclave ?

Telle est la lancinante question philosophique qui se pose à chacun, à une étape ou une aitre de la vie, surtout pendant les temps difficiles et incertains, lorsque la liberté est menacée, les droits ne sont pas reconnus, l’horizon paraît sombre et étriqué. Les Guinéens qui, par la voix mémorable de Sékou Touré, avaient proclamé, à la face du monde, leur indépendance, en préférant la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage, des années après, sans doute pour l’avoir payé cher, ont choisi pour la plupart de vivre résignés et accommodants enveloppés dans un instinct de survie que de s’engager dans des luttes pour des causes justes et nationales qui leur demandent des sacrifices importants, les exposent à tous les risques et périls.

Le courage fait peur, l’engagement fait frémir dans les chaumières.  La rue n’est pas sûre, pour les protestations, il est imprudent de répondre aux appels à manifester. Alors, il reste la parole qui n’a pas un grand écho ni impact considérable  et parfois n’est pas libre, ne passe pas du tout. Le pays reste ainsi figé, les citoyens adoptent un profil bas, pour le bonheur de dirigeants qui connaissent le danger de la liberté et des contestations à une époque où le changement est incontrôlable et imprévisible. Celui, des derniers mois, était si bienvenu et adulé qu’il ne pouvait être considéré à sa juste valeur comme une révolution de palais. Dans l’euphorie de son avènement, on a conclu trop tôt à une œuvre de rédemption.  On ne sait plus quoi en  penser maintenant qu’on ne sait pas ce qu’il en résultera tant tout semble aller dans tous les sens avec des acteurs qui aimeraient pouvoir suspendre le temps et sont convaincus d’avoir une prophétie à réaliser. Les plus vindicatifs ou rancuniers sont tentés de dire : bien fait pour un peuple facile à tromper, un pays qui ne se contente jamais de ce qu’il a, aime courrir derrière les ombres, s’accroche à de faux espoirs, et parie sur l’inconnu.
Les plus indulgents et bienveillants se consolent des bonnes leçons à tirer des grandes désillusions pour avancer mieux en étant  plus avertis. Il faut bien croire qu’un jour viendra où la Guinée ne sera plus perdue et trahie, les Guinéens ne seront plus montrés du doigt et cesseront aussi d’être les damnés de la terre, condamnés à l’errance et à l’impossible bonheur.

Ne dit-on pas que la plus grande victoire est celle sur soi-même ?
La Guinée finira par triompher d’elle-même, les Guinéens arriveront à se libérer de leurs propres démons, des plus anciens aux plus récents.
Bon dimanche, chez vous, dans la torpeur de vos médiations et de vos angoisses des jours à venir.

L’édito du dimanche (lerevelateur224.com).

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