Agression portugaise en Guinée: il ya 51 an la Guinée été attaquée par le portugal par l’operation Mer Verte

Par Karim Keita

L’opération Mer Verte est une attaque amphibie à Conakry, la capitale de la République de Guinée, par entre 350 et 420 soldats portugais et combattants guinéens en novembre 1970.

Le 22 novembre 1970 sous le regime de Sékou Touré, le destin de la Guinée indépendante a failli basculer. Comme le dira Sekou Touré lui-même, l’mpire portugais sur le déclin a été mis en difficulté sur son territoire de l’actuelle Guinée-Bissau. Lisbonne va tenter le tout pour le tout en organisant, pour la première fois de son histoire et dans le plus grand secret, une attaque éclair hors de ses frontières. Objectif : renverser le régime de Sékou Touré, principal soutien des rebelles indépendantistes du PAIGC dirigé Cabral. Le coup de force qui a échouer va tout de même déclencher en 1971 la plus grande vague d’arrestation et de répression de l’histoire de la Guinée par le regime du PDG-RDA avec à sa tête feu Sékou Touré.

Le plan de Calvao

En 1970, Le portugal est sous pression internationale. La dictature militaire refuse de concéder l’indépendance à ses colonies et mène une guerre meurtrière sur de nombreux fronts. Le PAIGC, la rébellion indépendantiste de Bissau soutenue par le bloc de l’Est, Cuba et la Guinée, lui donne du fil à retordre. Les attaques sont quotidiennes jusque dans la capitale.

Pour renverser le rapport de force, une idée germe dans l’esprit du commandant Alpoim Calvão : une attaque éclair à Conakry afin de neutraliser la flotte du PAIGC, détruire sa base arrière et renverser son allié, le président Ahmed Sékou Touré et, enfin, libérer les prisonniers de guerre portugais détenus dans la capitale.

Calvão se procure des mines ventouse étanches en Afrique du Sud, des uniformes soviétiques pour plus de discrétion, 250 AK47, 12 RPG7, 20 mortiers de 82 millimètres ainsi que des munitions qui transitent par Lisbonne.

« Nous savions qu’il y avait un groupe d’exilés guinéens, nommé Front de libération national de Guinée qui était en contact avec le gouvernement portugais. Ils réclamaient notre soutien pour une action militaire contre Sékou Touré », se souvient Calvão qui entreprend de réconcilier l’aile politique du mouvement, dirigée par David Soumah et l’aile militaire de Thierno Diallo, brièvement arrêté à Dakar.

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D’autres interceptions mettent en péril le secret. Fin septembre 1970, Ahmed Sékou Touré dénonce sur Radio Conakry « l’existence en Guinée-Bissau de camps d’entraînement de mercenaires guinéens ».

Lisbonne donne néanmoins son feu vert, à condition que rien ne permette d’identifier les auteurs. Les bateaux sont repeints jusqu’aux bouées de sauvetage, les Portugais se teignent le visage en noir, les plaques de groupe sanguin, les revues, les boîtes d’allumettes jetées à la mer.

Les six navires approchent en silence et en ordre dispersé. « Conakry à vue » dit le télégramme. 430 soldats prennent part à l’opération : 200 membres du FLNG, 150 commandos africains et 80 fuzilleiros especiais, l’unité d’élite de l’armée coloniale.

« Comme dans le film, mais là c’était la réalité ! »

L’opération coûte la vie à quelque 500 Guinéens et à trois membres des commandos. Identifié comme le responsable de l’opération, le Portugal est condamné par le Conseil de sécurité comme une menace à la paix en Afrique. Cuba et l’Union Soviétique en profitent pour augmenter leur aide militaire à la Guinée et à la guérilla anti-portugaise. Le pouvoir de Sékou Touré, qui déclare la loi martiale et lance une vaste campagne de répression, sortira renforci de cette opération.

 

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