Devoir de mémoire : Hadja Kadé Diawara, icône de la musique mandingue, vit tristement dans l’oubli

“Si Kadé Diawara vit de nos jours, c’est grâce au mariage et au baptême.” Votre nouvelle rubrique “Devoir de Mémoire”, revient avec une autre célébrité culturelle qui reste dans les oubliettes des autorités guinéennes. Dans ce deuxième acte, votre quotidien électronique Guineenews est parti à la rencontre de Hadja Kadé Diawara, une des icônes de la mandingue qui a brillé et qui a fait briller la culture guinéenne par sa voix et par ses classiques telles que “Marie Sadjo” ou encore “Apollo m’bè sö ma”. Voir le lien vidéo : https://www.youtube.com/embed/R1Z-uXbX6Qo

Vedette des premières heures de la Guinée indépendante, Hadja Kadé Diawara, marquée par l’âge mais aussi par le poids d’un train de vie très difficile, a bien voulu nous faire part de sa nouvelle vie qui se présente être difficile.

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Revenant sur ses heures de gloire, Kadé Diawara a rappelé : “au temps du premier président (Ahmed Sékou Touré), nous étions payés et nous voyagions sur Moscou, Dakar, Abidjan. Nous parcourions de nombreuses villes africaines et du monde”.

Et de rappeler la situation de son groupe de musique. “Beaucoup d’entre nous ont arrêté la musique parce que les conditions de vie ont changé. Nous vivons de ce que nous gagnons dans les cérémonies ensuite, nous partageons les bénéfices et parfois, nous mangeons les plats que nous gagnons sur place”, a-t-elle indiqué.

L’autrice du tube “Mali Sadjo” au temps des indépendances africaines, a abordé la question de son existence qui se dégrade de jour en jour. “Aujourd’hui je vis difficilement, je n’ai pas de soutien et je n’ai personne sur qui compter. J’ai un enfant qui a fondé sa propre famille, il est diplômé mais il ne travaille pas; le second est au Ghana”.

“Si Kadé Diawara vit de nos jours, c’est grâce au mariage et au baptême. Si je ne suis pas morte, c’est parce que les personnes de bonne volonté me donnent parfois un peu d’argent lorsque je me rends dans leurs bureaux. Un homme m’a donné une fois 4 sacs de riz et un autre 3, c’est comme ça je vis aujourd’hui”, déplora-t-elle.

Poursuivant, elle a martelé : “je fais des éloges des gens pour que je gagne de quoi vivre”.

Sur sa carrière, Hadja Kadé Diawara nous a fait comprendre qu’elle compte toujours faire de la musique malgré le manque de soutien. “J’ai déjà réalisé trois albums et je suis sur le quatrième, je n’ai plus de manager et j’effectue mes démarches seule sans aide. La sortie de mon quatrième album me préoccupe beaucoup car la prise en charge des musiciens et des choristes au studio, est financièrement difficile”, a regretté l’une des incarnations vivantes de la musique mandingue.

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Dans un salon qui ne fait pas un mètre carré, celle qui se faisait l’archange de la musique mandingue, vit avec son fils aîné, la femme de ce dernier ainsi que leur enfant. Veuve, Hadja Kadé Diawara garde toujours les  quatre médailles que lui ont offert les président Feu Ahmed Sékou Touré, Lansana Conté, Général Sékouba Konaté et le Pr Alpha Condé. Mais, elle se demande quelle est la valeur ajoutée de ces titres honorifiques sur son triste quotidien.

guineenews.org

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